Henri Meschonnic (1932-2009) est l'auteur d'une oeuvre considérable où poèmes, essais et traductions font le continu d'une théorie du langage et du rythme et d'une pratique d'écriture et de lecture pleines de vie l'une par l'autre. Ce blog offre simplement des documents à tous ceux qui de près ou de loin aimeraient continuer avec Henri Meschonnic.

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samedi 20 mars 2010

Henri Meschonnic avec Les Cahiers du chemin



Serge Martin, « Henri Meschonnic avec Les Cahiers du chemin » dans La Revue des revues. Histoire et actualité des revues. Histoire et actualités des revues n° 43, Paris : Entrevues, printemps 2010, p. 26-47.

Résumé :

Henri Meschonnic (1932-2009) est certainement un des plus gros contributeurs à la revue animée par Georges Lambrichs de 1967 à 1977 chez Gallimard. C’est dans cette revue qui venait comme concurrencer la vieille NRF dans la maison-mère tout en répondant à l’avant-gardiste Tel Quel de l’éditeur concurrent Le Seuil, qu’il a bénéficié de la sollicitude chaleureuse d’un homme. Ces dix années qui ont vu se publier la masse considérable des volumes de Pour la poétique mais aussi des poèmes et des traductions de La Bible, montreraient à l’envi l’importance d’une revue et de son animateur dans l’itinéraire intellectuel d’un grand singulier. Lambrichs aurait ainsi montré non seulement une ouverture d’esprit mais plus certainement une capacité à faire résonner les expériences vives dans le continu des inventions littéraires plurielles et de la pensée critique la plus libre, hors de tout programme quand bien même l’époque obligeait aux enrôlements.


Henri Meschonnic with Les Cahiers du chemin

Henri Meschonnic (1932-2009) was undoubtedly one of the greatest contributors to the review run by Georges Lambrichs from 1967 to 1977 for the publishing house Gallimard. It is this journal that became the in-house competition for the NRF all while responding to the avant-garde Tel Quel run by the competition at Le Seuil which benefited from the warm solitude of one man. These ten years saw the publishing of many volumes of “Pour la poétique” in addition to poems and biblical translations. The variety of material published showed the scope and importance of the journal and made it stand out amongst the others. Lambrichs not only showed an openness of spirit but most importantly exhibited the capacity to depict lively experiences amongst numerous literary inventions and free critical thinking outside of any larger program as was standard and mainstream at the time.

lundi 1 mars 2010

Le n° 19 de Graphè dédié à Henri Meschonnic



Jean-Marc Vercruysse, le directeur de la revue Graphè, écrit pour conclure sa préface à cette livraison de la revue consacrée au Livre de Jonas:
"Henri Meschonnic avait honoré de sa présence un séminaire de "Lectures de l'Ecriture", en ses débuts, organisé par Jacques Sys à Lille, qui compte parmi les grandes rencontres de la revue. In memoriam, nous lui dédions cette livraison de Graphè sur Jonas."

NB: Jacques Sys est le fondateur de la revue Graphè (1992) qui a pour objet d'étude la Bible et son influence sur les cultures, les littératures et les arts.
On peut commander la revue (14 euros) à :
Université d'Artois
9, rue du Temple
BP 10665
f-62030 Arras Cedex
tél: 0321603741
courriel: revuegraphe@univ-artois.fr

vendredi 22 janvier 2010

Le poème engage la relation contre la célébration avec Henri Meschonnic

HAIFA. Du 11 au 13 janvier : Poésie à l’université

Colloque : « Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines »
Serge Martin, "Le poème engage la relation contre la célébration avec Henri Meschonnic"


Programme complet à cette adresse: http://www.ambafrance-il.org/IMG/pdf/colloque_invitaion-2.pdf


mardi 19 janvier 2010

Le poème engage avec Henri Meschonnic

Un article nouveau sur Henri Meschonnic à cette adresse:
Il s'agit d'une communication faite par Serge Martin au colloque « Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines », Université de Haïfa (Israël), faculté des Lettres, département de langue et littérature françaises, Groupe de recherches sur la poésie et la poétique contemporaines, 11-12-13 janvier 2010. Publication à venir

Résumé:

L’œuvre poétique d’Henri Meschonnic (1932-2009) depuis Dédicaces proverbes (Gallimard, 1972) jusqu’à De Monde en monde (Arfuyen, 2009) est un furieux démenti de tout ce qui réduit la poésie à une forme, une manière ou un style et encore plus à une célébration. Prenant appui sur l’opposition formulée par Mallarmé entre le nommer et le suggérer, elle oblige à penser le poème comme un acte éthique : tout poème s’il fait « l’articulation la plus forte entre une forme de vie et une forme de langage » est un poème-relation. C’est pourquoi, une telle œuvre, souvent à contre-époque, invente une relation singulière à son temps, de la guerre d’Algérie au monde fracturée d’aujourd’hui en passant par ce qui ne passe pas (l’extermination des Juifs par les nazis et bien d’autres événements parfois « anodins » qui font le présent de chacun). Emportant « chaque histoire qui passe / toutes les vies des autres », cette première relation est portée par une politique du poème qui invente une seconde relation ou une relation à la puissance deux par l’historicité radicale de son écriture qui en constitue la modernité. L’œuvre de Meschonnic comme toutes les œuvres qui comptent est en effet un opérateur de transformation de toute relation : passage de voix, de voix dans la voix, une telle œuvre fait l’épopée de la voix par et dans sa pluralité interne comme, ce que Meschonnic a désigné dans un de ses derniers livres, une Parole rencontre (L’Atelier du grand tétras, 2008).

Aussi, l’enjeu premier de l’œuvre de Meschonnic consiste-t-il à tout faire contre la célébration de la Poésie qui est ce qu’il y a de pire, quelles que soient les époques, pour empêcher que le poème – en écriture comme en lecture – engage. Non au sens d’une défense et illustration de quelque idée, y compris de quelque bonne idée ou bon sentiment, mais au sens d’une aventure de la pensée qui ne peut-être qu’une invention de pensée comme invention dans et par le langage de relation, de sujet-relation, d’un inédit et peut-être plus encore d’un « inédire ». C’est à ce point que l’on peut toujours dans les circonstances de la lecture engager ce qui engage dans l’œuvre de Meschonnic pour ce qui nous concerne aujourd’hui. Exemplairement : un « je-tu » amoureux qui défait les termes de la relation pour entraîner société et cosmos dans une érotique généralisée ou les essentialisations de toute nomination sont refusées. Seuls, l’appel, la reconnaissance, l’attente et l’inconnu dans un incessant passage des voix et des visages, des pierres et des arbres, des nuits et des jours, semblent à même d’y inventer une relation inouïe de « je » en « tu » vers un « nous ». Puisque « je suis plus nous que moi » (De Monde en monde, p. 90), alors « je suis ensemble » (p. 79) : un tel poème n’est pas seulement engagé, il engage la relation contre la célébration !