Henri Meschonnic (1932-2009) est l'auteur d'une oeuvre considérable où poèmes, essais et traductions font le continu d'une théorie du langage et du rythme et d'une pratique d'écriture et de lecture pleines de vie l'une par l'autre. Ce blog offre simplement des documents à tous ceux qui de près ou de loin aimeraient continuer avec Henri Meschonnic.

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mercredi 8 janvier 2014

Paroles rencontres Ouvrir les archives « Henri Meschonnic »

Vient de paraître :

Serge Martin (dir.), Paroles rencontres Ouvrir les archives « Henri Meschonnic », coll. « Résonance générale >> essais pour la poétique », Mont-de-Laval, L’Atelier du grand tétras, 2013, 192 p.

Ci-dessous la couverture, la quatrième et le sommaire.

On peut commander chez l'éditeur : 


L'Atelier du Grand TétrasAu-Dessus du Village25210 Mont-de-Laval
tél - fax : 03 81 68 91 91


et en librairie, en indiquant les numéros suivants : 
ISBN : 978-2-911648-66-3 
ISSN : 2105-0163








samedi 9 avril 2011

ta résonance: Pour Henri Meschonnic: entre tes lignes

ta résonance: Pour Henri Meschonnic: entre tes lignes: "Serge Bénard sur son blog 'Filière Livres' nous le rappelle: il y a deux ans, le 8 avril 2009, Henri Meschonnic nous laissait sa vie:http:/..."

samedi 20 mars 2010

Henri Meschonnic avec Les Cahiers du chemin



Serge Martin, « Henri Meschonnic avec Les Cahiers du chemin » dans La Revue des revues. Histoire et actualité des revues. Histoire et actualités des revues n° 43, Paris : Entrevues, printemps 2010, p. 26-47.

Résumé :

Henri Meschonnic (1932-2009) est certainement un des plus gros contributeurs à la revue animée par Georges Lambrichs de 1967 à 1977 chez Gallimard. C’est dans cette revue qui venait comme concurrencer la vieille NRF dans la maison-mère tout en répondant à l’avant-gardiste Tel Quel de l’éditeur concurrent Le Seuil, qu’il a bénéficié de la sollicitude chaleureuse d’un homme. Ces dix années qui ont vu se publier la masse considérable des volumes de Pour la poétique mais aussi des poèmes et des traductions de La Bible, montreraient à l’envi l’importance d’une revue et de son animateur dans l’itinéraire intellectuel d’un grand singulier. Lambrichs aurait ainsi montré non seulement une ouverture d’esprit mais plus certainement une capacité à faire résonner les expériences vives dans le continu des inventions littéraires plurielles et de la pensée critique la plus libre, hors de tout programme quand bien même l’époque obligeait aux enrôlements.


Henri Meschonnic with Les Cahiers du chemin

Henri Meschonnic (1932-2009) was undoubtedly one of the greatest contributors to the review run by Georges Lambrichs from 1967 to 1977 for the publishing house Gallimard. It is this journal that became the in-house competition for the NRF all while responding to the avant-garde Tel Quel run by the competition at Le Seuil which benefited from the warm solitude of one man. These ten years saw the publishing of many volumes of “Pour la poétique” in addition to poems and biblical translations. The variety of material published showed the scope and importance of the journal and made it stand out amongst the others. Lambrichs not only showed an openness of spirit but most importantly exhibited the capacity to depict lively experiences amongst numerous literary inventions and free critical thinking outside of any larger program as was standard and mainstream at the time.

lundi 1 mars 2010

Le n° 19 de Graphè dédié à Henri Meschonnic



Jean-Marc Vercruysse, le directeur de la revue Graphè, écrit pour conclure sa préface à cette livraison de la revue consacrée au Livre de Jonas:
"Henri Meschonnic avait honoré de sa présence un séminaire de "Lectures de l'Ecriture", en ses débuts, organisé par Jacques Sys à Lille, qui compte parmi les grandes rencontres de la revue. In memoriam, nous lui dédions cette livraison de Graphè sur Jonas."

NB: Jacques Sys est le fondateur de la revue Graphè (1992) qui a pour objet d'étude la Bible et son influence sur les cultures, les littératures et les arts.
On peut commander la revue (14 euros) à :
Université d'Artois
9, rue du Temple
BP 10665
f-62030 Arras Cedex
tél: 0321603741
courriel: revuegraphe@univ-artois.fr

mercredi 17 février 2010

La traduction comme poème-relation avec Henri Meschonnic








« La traduction comme poème-relation avec Henri Meschonnic » dans B. Bonhomme et M. Symington (éds.), Le Rêve et la ruse dans la traduction de poésie, Paris : Honoré Champion, 2008, p. 131-143.

samedi 6 février 2010

Passage du signe au poème




Henri Meschonnic, "Passage du signe au poème" dans S. Martin (dir.), Chercher les passages avec Daniel Delas, L'Harmattan, 2003, p. 35-42.

Serge Martin Sur Un Coup de Bible dans la philosophie



Henri Meschonnic, Un Coup de Bible dans la philosophie (Bayard, 2004) dans Europe n° 909-910, janvier-février 2005, p. 370-372.

mercredi 3 février 2010

Spinoza poème de la pensée lu par Serge Martin

Recension par Serge Martin de Henri Meschonnic, Spinoza poème de la pensée (Maisonneuve & Larose, 2002) dans Europe n° 880-881, août-septembre 2002, p. 313-315.

lundi 1 février 2010

Recension par Serge Martin de Le Rythme et la lumière.



Recension par Serge Martin de Henri Meschonnic, Le Rythme et la lumière. Avec Pierre Soulages(Odile Jacob, 2000) dansEurope n° 863, mars 2001, p. 346-348.

mercredi 27 janvier 2010

Dans le bois de la langue lu par Serge Martin





Compte rendu par Serge Martin sur Dans le bois de la langue, par Henri Meschonnic, Laurence Teper, 2008 (550 p., 29 €) dans Le Français aujourd’hui n° 164, mars 2009, p. 136-138.

Hommage dans Le Français aujourd'hui




dans Le Français aujourd’hui n° 165, juin 2009, 123-125.

mercredi 20 janvier 2010

Note sur "Heidegger ou le national-essentialisme"

cet article est à l'adresse suivante:
http://skildy.blog.lemonde.fr/2009/03/15/henri-meschonnic-heidegger-ou-le-national-essentialismeserge-martin/

Cette recension est également dans Europe, n° 948, avril 2008, p. 373-375.

Henri Meschonnic ne peut écrire autrement que comme il écrit et cela peut déplaire ! C’est que s’il écrivait comme écrivent beaucoup aujourd’hui il ne pourrait penser ce qui plombe la pensée et l’écriture de bien des penseurs mais aussi écrivains, poètes aujourd’hui depuis déjà longtemps. Car le ciel et la terre de la pensée sont plombés par Heidegger qu’on ne sait pas lire puisque les heideggériens en France empêche même de le lire – mais Meschonnic montre qu’il n’y a pas qu’en France. Et le lire, c’est tout simplement observer que Heidegger maximalise, pousse à leur maximum une série d’essentialismes qui tiennent l’un par l’autre dans la logique du réalisme – d’où certainement la beauté de cette puissance qui soit méduse et oblige au psittacisme formulaire soit insupporte et conduit à l’anathème sans considérer ce qui est en jeu. Car ce qui est en jeu pour Meschonnic, c’est de comprendre les effets éthiques et politiques d’un débat qui n’est pas à renvoyer au Moyen Age ou à réserver aux spécialistes de la logique philosophique mais bien de faire de ces deux notions, réalisme et nominalisme, « un critère pour s’y retrouver » (p. 11). Pourquoi ? parce que « la réalité profonde des débats est entre le sens des individus, des vivants, et la massification qui ne permet pas de penser le sujet. Rejeté au psychologisme » (p. 16). Et quant au réalisme logique, Heidegger s’y connaît puisqu’il « a une phobie du sujet, d’où chez lui une essentialisation généralisée » (p. 17). Aussi, de ce point de vue, Heidegger n’est pas à réserver aux philosophes mais sa « mondialisation, qui inclut et déborde la France » est certainement « facilitée par toutes les autres mondialisations, en particulier celle des techniques de communication, qui tendent à globaliser, à massifier. À faire qu’on ne pense pas le langage, réduit à la communication » (p. 19). Hypothèse cruciale pour lire ce livre et aller jusqu’à sa lecture-traduction du texte Le Danger, de 1949 où Heidegger accomplit « l’essentialisation maximale » et « la vraie solution finale » non achevée par les nazis.
Ce livre est beaucoup moins épais que Le Langage Heidegger (PUF, 1990) qui, à ma connaissance, était la première tentative de lecture au plus près des textes, de Heidegger, et reste à ce jour la seule malgré le silence assourdissant des philosophes officiels. Aussi Meschonnic ne reprend-il ici que cette conférence de 1949 connu seulement en 1994 qu’il lit au plus près. De ce point de vue, le livre d’Emmanuel Faye (Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie, Albin Michel, 2005) malgré tout son intérêt est-il « insuffisant » (p. 147) car ce n’est pas par « simple inhumanité, que Heidegger n’a même plus besoin de nommer les Juifs. Ils sont inclus en même temps qu’ils disparaissent dans et par son national-essentialisme » (p. 150), propose Meschonnic. Plus précisément, « par l’essentialisation généralisée de l’Être et de la Mort ». Et il suffit de lire Heidegger sans « fabriquer du compliqué là où Heidegger est simple » (p. 157) comme fait le « jargon heideggérianisant » qui « masque l’essentialisme » et donc la désuhumanisation qu’il opère. Jargon du collectif de « philosophes » qui veulent penser Heidegger à plus forte raison (Fayard, 2007) mais qui « sont tellement dans l’essentialisme qu’ils ne le voient plus » (p. 165).
Ce livre de Meschonnic soulève la chape de plomb des années Heidegger en France mais également combat le réalisme logique qui empêche de penser, de penser le langage parce que sans cette attention qui est une éthique de la pensée, c’est toujours le vieux réalisme logique qui triomphe, c’est-à-dire, « l’ennemi de la vie, des vivants » (p. 173). Cet ouvrage poursuit donc une enquête sur le réalisme logique avec Heidegger en intégriste (p. 148), en « grand scolastique » (p. 133). Mais l’enquête est d’abord « un combat du nominalisme des vivants contre le théologico-politique » (p. 30) partout où il crève les yeux. Dans cette enquête, il y a le test de ce qu’on fait à la Bible (une origine ou un fonctionnement ?) et celui du religieux qui l’emporte sur le divin ou pas, faisant place ou pas à « une vie humaine » (Spinoza) contre le théologico-politique (p. 85), organisant ou pas une substantialisation qui conduit à poser l’universel comme un modèle abstrait quand « seul le singulier chaque fois est l’universel » (p. 81). Alors on peut en vouloir à Meschonnic de ses « minuties » (p. 124) mais on est bien obligé de relire de plus près ceux qu’ils passent au crible du « vieux débat » d’une actualité vitale, chapitre après chapitre : Levinas, Jaspers, Husserl, Gadamer, Leo Strauss, Hannah Arendt, Agamben mais aussi Jean-Claude Milner et enfin Alain Badiou ou encore Marlène Zarader et il y a aussi Voltaire. Cette enquête est large, trop ambitieuse diront certains, mais elle montre un ensemble qui fait système et pointe comment cette configuration de pensée n’est pas l’addition de spécialités régionales ou de propositions locales mais bien autant d’éléments qui participent à « l’impensé des effets éthiques, politiques et poétiques du réalisme logique » (p. 114), et qui contribuent tous pour une part à l’« effacement de l’effacement opéré par la théologie chrétienne, et l’intégrisme essentialiste du langage chez Heidegger » (p. 138). Si l’enquête parvient à montrer ce fonctionnement qui fait système, imposant le réalisme en effaçant sa pensée même et par là celle du nominalisme, c’est qu’elle passe par le rappel inlassable du primat de la théorie du langage qui elle-même oblige à la critique du signe, à la critique de ce qu’on ne voit même plus et surtout de ce qu’on n’entend plus. C’est bien pour cela que Meschonnic ne peut écrire autrement que comme il écrit et que cela passe pour inacceptable. Mais la pensée et le poème de la pensée demandent plus que des pours et des contres ; ils demandent de « penser l’interaction langage-poème-art-éthique-politique » (p. 9). Ce que poursuit un autre ouvrage de Meschonnic, Ethique et politique du traduire (Verdier, 190 p., 15€). Il y a dans ce livre un climat qui répond à ce que disait Etienne Dolet en 1540 : « sans grande observation des nombre un grand Autheur n’est rien » (cité p. 114) puisque, en 16 points, il reprend « chaque fois sous un angle différent » (p. 99, note 1) ce principe de l’interaction contre tous les essentialismes et les théologismes. Lesquels empêchent de transformer toute la théorie du langage dans et par l’activité de « traduire », dans et par « une éthique et une politique du traduire » qui engagent à « avoir du poème dans la voix » (p. 151). Et avec de tels livres, on est fixés : si « personne n’a tout à fait la même voix » (ibid.), celle de Meschonnic n’est pas faite de « bois mort », de « bois extrêmement habitué », pour reprendre à Péguy (cité p. 151). Et alors on constate que les « habitués » ne peuvent supporter cette voix : on devrait en rire ne serait-ce que pour rappeler que « ce qui est dit n’est pas séparable du mouvement avec lequel c’est dit, comme ce que vous donnez n’est pas séparable de la manière dont vous le donnez, et alors on n’est plus dans le discontinu de la forme et du sens, on est dans le continu d’une physique du langage. C’est le poème de la pensée » (p. 154). Par là, ces deux livres font bien un poème de la pensée-relation.

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Serge Martin

Henri Meschonnic, Heidegger ou le national-essentialisme, Éditions Laurence Teper, 200 p., 14 €


Un commentaire du 15/03/2009:

Cher M.Serge Martin: Je viens de lire votre commentaire. Je trouve que votre phrase “Henri Meschonnic ne peut écrire autrement que comme il écrit et cela peut déplaire” […] Et alors les “habitués” ne peuvent supporter cette voix” touche le centre de la difficulté de la lecture, et surtout de la lecture impregné d’ heideggerianisme. Meschonnic est un poète pour des gens libres. Des lecteurs pas heideggerianisés, si vous me permettez. Les “habitués” ont peur d’ une telle voix, le poème Meschonnic déstabilise les “pontes” du savoir. J’ ai beaucoup aimé votre commentaire. Et aussi votre essai La relation contre la religion avec Paul Celan, Ghérasim Luca et Henri Meschonnic. Ce “écrire-Meschonnic” qui est “tout le contraire d’ un ‘habiter le monde’” nous aide à vivre. Il va nous manquer. Bien à vous, Hugo Savino


mardi 19 janvier 2010

Le poème engage avec Henri Meschonnic

Un article nouveau sur Henri Meschonnic à cette adresse:
Il s'agit d'une communication faite par Serge Martin au colloque « Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines », Université de Haïfa (Israël), faculté des Lettres, département de langue et littérature françaises, Groupe de recherches sur la poésie et la poétique contemporaines, 11-12-13 janvier 2010. Publication à venir

Résumé:

L’œuvre poétique d’Henri Meschonnic (1932-2009) depuis Dédicaces proverbes (Gallimard, 1972) jusqu’à De Monde en monde (Arfuyen, 2009) est un furieux démenti de tout ce qui réduit la poésie à une forme, une manière ou un style et encore plus à une célébration. Prenant appui sur l’opposition formulée par Mallarmé entre le nommer et le suggérer, elle oblige à penser le poème comme un acte éthique : tout poème s’il fait « l’articulation la plus forte entre une forme de vie et une forme de langage » est un poème-relation. C’est pourquoi, une telle œuvre, souvent à contre-époque, invente une relation singulière à son temps, de la guerre d’Algérie au monde fracturée d’aujourd’hui en passant par ce qui ne passe pas (l’extermination des Juifs par les nazis et bien d’autres événements parfois « anodins » qui font le présent de chacun). Emportant « chaque histoire qui passe / toutes les vies des autres », cette première relation est portée par une politique du poème qui invente une seconde relation ou une relation à la puissance deux par l’historicité radicale de son écriture qui en constitue la modernité. L’œuvre de Meschonnic comme toutes les œuvres qui comptent est en effet un opérateur de transformation de toute relation : passage de voix, de voix dans la voix, une telle œuvre fait l’épopée de la voix par et dans sa pluralité interne comme, ce que Meschonnic a désigné dans un de ses derniers livres, une Parole rencontre (L’Atelier du grand tétras, 2008).

Aussi, l’enjeu premier de l’œuvre de Meschonnic consiste-t-il à tout faire contre la célébration de la Poésie qui est ce qu’il y a de pire, quelles que soient les époques, pour empêcher que le poème – en écriture comme en lecture – engage. Non au sens d’une défense et illustration de quelque idée, y compris de quelque bonne idée ou bon sentiment, mais au sens d’une aventure de la pensée qui ne peut-être qu’une invention de pensée comme invention dans et par le langage de relation, de sujet-relation, d’un inédit et peut-être plus encore d’un « inédire ». C’est à ce point que l’on peut toujours dans les circonstances de la lecture engager ce qui engage dans l’œuvre de Meschonnic pour ce qui nous concerne aujourd’hui. Exemplairement : un « je-tu » amoureux qui défait les termes de la relation pour entraîner société et cosmos dans une érotique généralisée ou les essentialisations de toute nomination sont refusées. Seuls, l’appel, la reconnaissance, l’attente et l’inconnu dans un incessant passage des voix et des visages, des pierres et des arbres, des nuits et des jours, semblent à même d’y inventer une relation inouïe de « je » en « tu » vers un « nous ». Puisque « je suis plus nous que moi » (De Monde en monde, p. 90), alors « je suis ensemble » (p. 79) : un tel poème n’est pas seulement engagé, il engage la relation contre la célébration !