Henri Meschonnic (1932-2009) est l'auteur d'une oeuvre considérable où poèmes, essais et traductions font le continu d'une théorie du langage et du rythme et d'une pratique d'écriture et de lecture pleines de vie l'une par l'autre. Ce blog offre simplement des documents à tous ceux qui de près ou de loin aimeraient continuer avec Henri Meschonnic.

jeudi 22 mars 2012

Cédric Le Meur lit Gloires & L'Iliade


UNE POÉTIQUE MONUMENTALE. LES PSAUMES & L'ILIADE, TRADUCTIONS RÉCENTES

CYRIL LE MEUR

Homère, L’Iliade, nouvelle traduction avec préface, notes et répertoire par Philippe Brunet, Paris : Éditions du Seuil, 2010, 558 p., EAN 9782020978873 &Gloires, traduction des psaumes, nouvelle traduction avec introduction, notes et bibliographie par Henri Meschonnic, Paris : Desclée de Brouwer, 2001, 556 p.
Sur tous les plans, la contradiction entre les valeurs dominantes de l’Occident et les diverses aspirations qui s’y opposent marquent notre époque. Ce qu’on appelle l’Occident n’a plus grand rapport avec les cathédrales. Il se caractérise aujourd’hui par la technologie, dans sa tendance à absorber tous les composants de la société : la communication, le travail et la guerre, bien sûr, mais aussi la morale, devenue un problème technique sous le nom d’« éthique », la démocratie, devenue une ingénierie sous le nom de « State building », la politique, devenue l’intendance servile des marchés sous le nom de « gouvernance », et même l’insurrection, qu’on produit désormais comme des tablettes numériques, avec de beaux designs cèdre, jasmin, safran, orange, velours, pourpre… Tout ce qui est absorbé par la technologie entre en réseau, dans un processus d’expansion horizontale. Tout ce qui s’y refuse, toute la part de chacun d’entre nous qui s’y refuse, tente d’échapper à ce mouvement en se redressant comme sujet, et en réclamant qu’au cœur de ce mouvement, quelque chose soit arrêté.
La littérature a vocation à nous parler de ces deux lignes qui composent notre espace mental. La décennie passée a vu paraître plusieurs événements significatifs à cet égard. La traduction  deL’Iliade par Philippe Brunet (2010) par exemple, qu’on peut entendre comme un répons à celle desPsaumes par Henri Meschonnic (2001). Leurs partis pris sont proches, ilsaffichent une forme commune de monumentalité, tant par l’ampleur, la répercussion et la durée du projet, que par leur poétique propre.
Philippe Brunet conçoit son projet de traduction au début des années 1980 puis, conformément à l’usage grec, le déploie hardiment sur tous les plans pertinents : philologie bien sûr, linguistique et métrique (il est professeur à l’Université de Rouen), mais aussi prosodie, dramaturgie, musicologie et interprétation musicale (atelier et compagnie Démodocos, dont il est le fondateur). Comme Meschonnic qui estime nécessaire de « faire participer le lecteur à l’atelier du traduire » (d’où ce monument de 185 pages de notes), Ph. Brunet amène avec lui son tricot et le montre au public. Ainsi informée par l’érudition, nourrie par une constante activité collective, et intériorisée par l’exercice corporel de la scansion, du chant et de la scène, la traduction de Ph. Brunet se propose de restituer, au‑delà d’un texte, l’expression chorale d’une culture. Les classiques débats philologiques passent ainsi au second plan.
La perspective d’Henri Meschonnic est mieux connue : poète et traducteur, théoricien de la poésie et de la traduction, Meschonnic n’a qu’un objectif : révéler et restituer (par la poésie, par la traduction, par la théorie) ce qui passe vraiment à travers le signe linguistique, et que le signe linguistique (en séparant l’idée et l’expression) empêche d’entendre. Ses traductions de différents livres de la Bible accompagnent, de 1970 (Les cinq rouleaux) à 2003 (Les noms, traduction de l’Exode), toute sa vie de chercheur et de poète : « C’est aussi un rapport pour moi depuis longtemps entre une forme de vie et une forme de langage » (Introduction, p.17).
Les deux textes fondateurs ont en commun de réclamer, non des lecteurs, mais des récitants et des auditeurs. Homère n’est pas seulement un texte, il est une lyre, et « psaume », comme le rappelle Meschonnic, vient du grec « psalmos », chanson chantée sur un instrument à corde. C’est pour un récitant s’accompagnant de quelque psaltérion, et c’est pour un auditeur, que traduit Ph. Brunet, tandis que Meschonnic, plus radical, fait rentrer la lyre dans le corps du poème.
Ph. Brunet veut coûte que coûte restituer l’hexamètre homérique, pour faire entendre la voix du récitant à travers « une multiplicité d’instances aédiques ». Étant lui-même un interprète, il est particulièrement attentif à la scansion, par exemple aux « silences où la parole retentit et se recharge », et sa traduction bénéficie de cette attention. Héritier de Gernet et de Meillet, Ph. Brunet est aussi attentif aux formes collectives de la civilisation grecque, convaincu à ce titre du caractère « formulaire » des textes homériques, « avec les mots attendus, dans l’ordre attendu, sous le contrôle de la communauté, dans une sort de co‑énonciation qui n’a pas d’autre exemple. » D’où un travail exceptionnel, sans doute l’aspect le plus visible de l’entreprise, sur les noms propres et les épithètes. Nous laissons à découvrir le procédé de Brunet, qui engendre en fin de volume un considérable et utile répertoire. Meschonnic, dans l’aventure intérieure de sa propre poétique, veut faire entendre le continu du « rythme » dans le discontinu des mots et du sens. La nature du texte primitif et de la langue source se prêtait idéalement à cette entreprise, les te amim du texte hébreu, signes diacritiques pour noter les accents et les pauses, régissant entièrement le verset, et le verset étant par conséquent « la seule unité rythmique du texte ». La plus visible et la plus originale des innovations de Gloires est ainsi de traduire par des blancs typographiques, précisément mesurés, les pauses indiquées par les signes de la cantilation hébraïque. Les écarts plus ou moins grands entre les fragments des versets, le travail incantatoire des répétitions, rappels, échos fortement marqués dans leur continuité « aspectuelle » ont pour objectif de retrouver la continuité de la langue et de la pensée, continuité entre une voix, un sujet, une culture et l’histoire.
L’Iliade et les psaumes sont des poèmes forts différents. Ph. Brunet et Meschonnic peuvent avoir beaucoup de choses en commun, privilégier par exemple le récitatif et l’appropriation collective, ils n’en font pas moins œuvre singulière ; et qu’ils le veuillent ou non, c’est aussi leur propre voix qui est l’événement de ces traductions.
Nous avons parlé, à propos des deux publications, d’une « forme commune de monumentalité » ; on comprend mieux sans doute qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de masse, d’élévation ou d’extension, mais essentiellement d’une question de poétique. Le poème est monument quand il fonde, quand par exemple il marque un nouvel état de la langue, ou un nouveau rapport au monde, et que des peuples se tournent vers lui. La patine des siècles n’est pas nécessaire : la monumentalité est inscrite directement dans le poème et s’impose immédiatement aux contemporains. Homère, le psalmiste, Virgile, Dante, Shakespeare, Hugo n’ont pas eu besoin de l’éternité pour apparaître au monde tels qu’en eux‑mêmes. Poétiquement la monumentalité consiste essentiellement à faire entendre dans le récitatif le silence des siècles qui nous constitue, et dans lequel nous renouons avec notre humanité intégrale. Projectivement, c’est l’idéal du poème collectif, universel et unanime :
Les vers les meilleurs sont ceux qui parviennent victorieusement à n’avoir plus de style, à ne plus pouvoir se réclamer de personne : ils accèdent ainsi à quelque chose de plus grand.
écrit Philippe Brunet dans sa préface. Alors les grandes voix se répondent. Les Psaumess’opposent aux Évangiles comme L’Iliade à L’Odyssée : le psalmiste et les assiégeants de Troie sont immobiles, figés sous une transcendance implacable, tandis que le Christ, Ulysse et leurs compagnons se déplacent à tous les vents, en quête d’une humanité plus autonome. Les récits sont souvent récits de déplacements ; leur fonction profonde est sans doute de nous faire croire comme vérité ontologique que le signifiant linguistique est linéaire comme un chemin : l’homme va, et il parle comme il va ; voilà pourquoi les trajectoires font signe, comme par système. Les récits de déplacement sont généralement horizontaux et doublent l’aventure intérieure des personnages ; verticaux ils sont plus fortement connotés : une ascension prépare couramment une pentecôte, toute descente est orientée vers les enfers. L’ordre horizontal des aventures accueille les bruits et les paroles que Marco Polo nomma le « devisement du monde ». L’ordre vertical de la signification est silencieux. C’est très clairement la ligne verticale du monument qui a été privilégiée dans ces deux traductions, lesquelles s’instituent à ce titre comme phares et balises dans le flux du cailletage contemporain.
Publie sur Acta le 19 février 2012
Pour citer cet article :Cyril Le Meur, "Une poétique monumentale. Les Psaumes & L'Iliade, traductions récentes",Acta Fabula, Editions, rééditions, traductions, URL : http://www.fabula.org/revue/document6802.php

mercredi 21 mars 2012

Alain Lipietz lecteur de Meschonnic


J’avais découvert Meschonnic, non seulement pour ses lumineuses traductions de la Bible, s’appuyant sur le rythme de la poésie hébraïque, mais pour ses réflexions sur Mallarmé. Meschonnic s’est en effet particulièrement intéressé au problème de la modernité poétique, cet état d’esprit dans lequel le poète réfléchit son propre processus de création, mais en même temps admet qu’il n’en est pas entièrement le sujet. C’est l’un des grands débats sur Mallarmé : faut-il prendre au sérieux sa phrase « Laisser l’initiative aux mots » ? La réflexion de Meschonnic sur le « sujet du poème » - très différent du sujet psychologique, du sujet philosophique (celui du cogito de Descartes) ou du sujet de droit – est ici particulièrement éclairante. 
Le contexte est ici avec une photo de Lipietz lisant Pour sortir du post-moderne
http://lipietz.net/?breve344

dimanche 26 février 2012

C'est suspendu et... c'est entendu

Un texte d'approche de l'oeuvre avec un poème : des musiciens qui écoutent Henri Meschonnic...
C'est sur ce blog, par ailleurs passionnant :
http://www.cestentendu.com/2012/02/un-poeme-quatre-lignes-dhenri-meschonnic.html

jeudi 23 février 2012

Maison des écrivains et de la littérature: 21 avril 2012

Rencontre

Hommage à Henri Meschonnic

samedi 21 avril de 15h à 17h
les samedis littéraires au Petit Palais
à l'auditorium du Petit Palais
Hommage à Henri Meschonnic
À l’occasion des 80 ans de la naissance d’Henri Meschonnic (1932-2009), la Revue Europe, qui lui consacre un numéro spécial début mars, et la Mel s’associent pour rendre un commun hommage à ce poète et théoricien du langage.
Avec : Jean-Baptiste Para, rédacteur en chef de la revue Europe et Serge Martin, Jacques Ancet, Bernard Noël, Jean-Claude Chevalier, Gérard Dessons et Laurent Mourey.
La rencontre donnera également lieu à la projection du film Henri Meschonnic ou la poétique du rythme de Maxime Gervais, Elodie Lélu et Thomas Vercruysse. Célèbre pour ses travaux de philosophe et de linguiste Henri Meschonnic fut également un de ces grands « Voyageurs de la voix », recueil pour lequel il reçut le prix Mallarmé en 1986.

à l’auditorium du Petit PalaisMusée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
entrée libre et gratuite

http://www.m-e-l.fr/hommage-a-henri-meschonnic,re,280


Rencontre "Hommage à Henri Meschonnic" le 21 avril
Rencontre "Hommage à Henri Meschonnic" le 21 avril | Poezibao | Scoop.it
Hommage à Henri Meschonnic
samedi 21 avril de 15h à 17h
les samedis littéraires au Petit Palais de la Maison des écrivains et de la littérature
à l'auditorium du Petit Palais
Hommage à Henri Meschonnic
À l’occasion des 80 ans de la naissance d’Henri Meschonnic (1932-2009), la Revue Europe, qui lui consacre un numéro spécial début mars, et la Mel s’associent pour rendre un commun hommage à ce poète et théoricien du langage.
Avec : Jean-Baptiste Para, rédacteur en chef de la revue Europe et Serge Martin, Jacques Ancet, Bernard Noël, Jean-Claude Chevalier, Gérard Dessons et Laurent Mourey.
La rencontre donnera également lieu à la projection du film Henri Meschonnic ou la poétique du rythme de Maxime Gervais, Elodie Lélu et Thomas Vercruysse. Célèbre pour ses travaux de philosophe et de linguiste Henri Meschonnic fut également un de ces grands « Voyageurs de la voix », recueil pour lequel il reçut le prix Mallarmé en 1986.
à l’auditorium du Petit Palais
Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
entrée libre et gratuite

Un écho de la soirée avec un reportage photographique de Guy Braun à cette adresse:
http://temporel.fr/imag/Henri%20Meschonnic/index.html


Autres souvenirs de la rencontre : photographies de Jacques Charmatz (Jean-Baptiste Para et Serge Martin puis Serge Martin, Laurent Mourey et Jean-Baptiste Para)

Europe n° 995, mars 2012: dossier Henri Meschonnic



dimanche 5 février 2012

Je n'ai pas tout entendu en italien

Traduction en italien de Je n'ai pas tout entendu par Graziano Benelli, ce très beau livre bilingue est introduit par le traducteur qui en offre une étude qui s'achève sur une citation de Guillevic concernant Henri Meschonnic: "une poésie de découverte, de recherche de l'homme et des rapports du monde avec l'homme par la médiation de l'amour".
Henri Meschonnic, Non ho sentito tutto, Con testo a fronte, Introduzione, traduzione et nota di Graziano Benelli, Firenze, Casa Editrice Le Lettere, "Il nuovo melograno", 2008, 130 p.

samedi 4 février 2012

Le rythme du silence

"Le rythme du silence" dans Christophe König et Denis Thouard (éds.), La Philologie au présent pour Jean Bollack, Lille, Septentrion, 2010, p. 265-270.

Ci-dessous, les premières et les dernières lignes de la contribution d'Henri Meschonnic à cet ensemble:

"Dire « rythme du silence », c’est non seulement penser le silence comme langage, et parfois la réalisation maximale du langage, mais aussi parcourir les acceptions de la notion de silence. De ce qui n’est pas dit, ou qu’on est incapable de dire à ce que les mots ne peuvent pas dire, le fameux indicible, mais aussi l’innommable, et la censure, faire silence sur, jusqu’au problème poétique. Il y a aussi une langue de bois du silence."


(...)

"La voix poème est ce qui travaille à donner au silence le maximum d’intensité. Et c’est aussi le mode de travail de Claude Régy dans ses mises en scène et en voix. Alors l’écoute répond la voix, l’écoute répond le silence. Le silence devient un théâtre du langage. Le théâtre, comme le poème, déthéologise le silence."





Christoph König, Denis Thouard (éds)
Collection : Cahiers de philologie
386 pages, format 16x24, 2010
ISBN : 978-2-7574-0116-3
Ref : 1177



Présentation du livre
L’ouvrage entend prendre la mesure des ouvertures ménagées par l’œuvre de Jean Bollack, fondateur de « L’École de Lille », dans les différents domaines qu’elle a abordés. Il se structure en études sur le domaine grec, notamment sur les Présocratiques et la tragédie antique, sur l’histoire de la philologie et la réflexion sur les textes, sur Celan auquel il a consacré ces dernières années des travaux décisifs. Des contributions de peintres, de traducteurs et de poètes y sont jointes, car la science des textes n’est jamais séparée d’une réflexion artistique et politique sur le présent. Quelques témoignages illustrent enfin certains aspects du parcours original de Jean Bollack.
L’ensemble se veut une invitation à découvrir une œuvre exigeante et résolue dans ses engagements. La Grèce est restituée dans la distance qui intègre l’histoire des savoirs et dans la présence renouvelée de ses inspirations cosmologiques ou théâtrales qui ne cessent de nous questionner. L’art contemporain fait l’objet d’une attention constante. Antique ou moderne, la tradition est relue et décapée.

Christoph König, Professeur à l’Université d’Osnabrück en littérature allemande.
Denis Thouard, Directeur de recherche au CNRS, Centre Marc Bloch de Berlin.

Les contributeurs

Fabienne Blaise
Bernhard Böschenstein
Miklos Bokor
Emmanuelle Bollack
Mayotte Bollack
Sabine Bollack
Yves Bonnefoy
Dominique Bourel
Colette Brunschwig
Jacques Dupin
Michel Espagne
Myrto Gondicas
Erika Hültenschmidt
John E. Jackson
Pierre Judet de La Combe
Isabelle Kalinowski
Franz Kaltenbeck
Christoph König
André Laks
Marc de Launay
Jacques Le Rider
Henri Meschonnic
Geneviève Morel
Pierre Oster
Arnau Pons
Didier Pralon
Pietro Pucci
Philippe Rousseau
Rossella Saetta Cottone
Perrine Simon-Nahum
Denis Thouard
Tim Trzaskalik
François Turner
Werner Wögerbauer

jeudi 26 janvier 2012

Une anthologie courte de poèmes

Une présentation avec une anthologie des livres de poèmes d'Henri Meschonnic par Philippe Païni sur le site Terre à ciel:
http://terreaciel.free.fr/poetes/meschonnic.htm

mercredi 25 janvier 2012

Colloque IMEC 28-29 mars 2012

Le colloque international des 28-29 mars est annoncé à cette adresse:
http://www.fabula.org/actualites/paroles-rencontres-ouvrir-les-archives-henri-meschonnic-colloque-international28-et-29-mars-2012-_49090.php





Paroles rencontres : ouvrir les archives « Henri Meschonnic »
Colloque international
28 et 29 mars 2012
Institut Mémoires de l’Édition Contemporaine
abbaye d’Ardenne, Caen, France


Ces rencontres de chercheurs, d’étudiants et de lecteurs autour du fonds « Henri Meschonnic » ont pour objectif d’ouvrir les archives de l’essayiste, poète et traducteur disparu en 2009 dont on peut fêter les 80 ans de la naissance en 2012. Elles accompagnent la publication d’un numéro de la revue Europe ainsi que deux publications posthumes : un essai aux éditions Verdier, Langage histoire une même théorie, et un livre de poèmes, L’obscur travaille, aux éditions Arfuyen.
Ce colloque international veut ouvrir les archives dans les deux sens du terme.
Il invite les chercheurs de nombreuses disciplines à ouvrir les archives de ce fonds comprenant actuellement 135 boîtes et offrant des problèmes multiples à explorer. Ce fonds qui couvre une multiplicité de domaines et de notions, utilise des matériaux d’une grande variété et richesse : notes et correspondances ; manuscrits et épreuves ; cours et conférences.
Par ailleurs, ce colloque veut montrer qu’une telle œuvre ne s’arrête pas à quelques formules réductrices ou à l’époque qui a vu son auteur enseigner, traduire, écrire et publier. L’œuvre d’Henri Meschonnic ne cesse de stimuler les recherches actuelles autour de notions qui demandent souvent d’inventer des passages et de concevoir des problèmes nouveaux : la pensée du poème, la théorie du langage, la traduction et le rythme mais également l’oralité et l’historicité, la modernité et la poétique. Le colloque essaiera d’en augmenter les résonances.

Serge Martin,
LASLAR (EA 4256), Université de Caen Basse-Normandie

Comité scientifique :
Arnaud Bernadet (Université Mac Gill, Montréal)
Marie-Paule Berranger (UCBN, Caen)
Pierre-Marc de Biasi (ITEM, Paris)
Jean-Louis Chiss (Université Paris III)
Daniel Delas (Université de Cergy-Pontoise)
Gérard Dessons (Université Paris VIII, Saint-Denis)
Brigitte Diaz (UCBN, Caen)
Albert Dichy (IMEC, Caen)
Serge Martin (UCBN, Caen)
Jean-Claude Schmitt (EHESS, Paris)




Mercredi 28 mars 2012 : IMEC (Abbaye d’Ardenne - Caen)

9.00 Accueil par Olivier Corpet (directeur de l’IMEC) et Brigitte Diaz (directrice du LASLAR, EA 4256, UCBN).

9.30 Conférence d’ouverture par Diógenes Céspedes, Université de Saint-Domingue : « Le rythme et le hasard : Henri Meschonnic et Albert Camus »

10.30 Thématique 1 : Anthropologie historique du langage. Séance présidée par Pierre-Marc De Biasi

Daniel Delas (Université de Cergy-Pontoise et ITEM, Paris) : « Poétiques du vécu / Poétiques du vivre »
James Underhill (Université Stendhal, Grenoble) : « Anthropologie Linguistique ou Linguistic Anthropology. Le sujet-transformateur du langage »
Serge Martin (U.C.B.N., Caen) : « Voix et relation : la prose en action d’Henri Meschonnic »

12.30 Repas

14.00 Thématique 2 : Vivre poème. Séance présidée par Brigitte Diaz

Marcella Leopizzi (Università degli studi di Bari) : Les néologismes et les jeux de langage dans le spoèmes et les essais d’Henri Meschonnic »
Donatienne Woerly (Université de Paris III, Paris) : « L’anonyme dans les poèmes d’Henri Meschonnic : une parole vive »
Anne Gourio (UCBN, Caen) : « La voix, l’inscription dans Combien de noms »

18.30 Hommage à Henri Meschonnic sous la présidence d’honneur de Madame Régine Blaig :
Présentation du fonds « Henri Meschonnic » par Albert Dichy et Serge Martin.
Lectures en hommage à Henri Meschonnic
Projection du film de Maxime Gervais, Élodie Lélu et Thomas Vercruysse (productions Diwali) : « Henri Meschonnic ou la poétique du rythme ».



Jeudi 29 mars 2012 : IMEC (Abbaye d’Ardenne - Caen)

9.00 Thématique 3 : Poétique du traduire. Séance présidée par Albert Dichy

Claire Placial (Université Paris IV Sorbonne nouvelle, Paris) : « Le goût de la Bible. Henri Meschonnic et la traduction des accents rythmiques hébreux »
Marko Pajevic (Queen’s University, Belfast) : « Traduction et convention. La part de l’innovation dans un texte traduit »
Marie Vrinat-Nikolov et Patrick Maurus (INALCO, Paris) : « Traduire l’oralité, traduire l’intensité »
Jaeryong Cho (Université Korea, Séoul) : « Poétique du traduire plus que la littérature : pourquoi et comment ? »

12.30 Repas

14.00 Thématique 4 : Critique du rythme. Séance présidée par Daniel Delas

Jean-Claude Schmitt (EHESS, Paris) : « Réflexions d’un historien sur la notion de rythme »
Joëlle Zask (CNRS, Marseille) : « La question du sujet chez Henri Meschonnic »

16.00 Conférence de clôture par Jean-Louis Chiss (Université de Paris III, Paris) : « Langage et histoire : Meschonnic politique »

Adresses et informations utiles sur les sites suivants :



mardi 24 janvier 2012

Meschonnic cité par BHL

Quand Bernard-Henri Lévy cite Henri Meschonnic dans la préface au dernier livre de Pascal Bacqué. on trouve le texte et la citation à cette adresse (à propos de l'épique) :
http://laregledujeu.org/bhl/2012/01/24/notre-legende/

Une traduction en italien de poèmes dans la revue Interpretare

Dans ce numéro, on peut lire une très belle traduction des 17 premiers poèmes de Demain dessus demain dessous par Graziano Benelli - on attend donc pour bientôt la traduction intégrale de ce livre de Henri Meschonnic. On peut écrire après cette traduction et d'autres que les lecteurs italiens et français sont maintenant ensemble avec Henri Meschonnic : "uno all'altra / e che ci tiene / insieme".
INTERPRETARE
n° 23-24-25
CAMPANOTTO EDITORE
Via Marano,46
33037 Pasian di praro (UD)
Tel.0432.699390
Fax0432.6447ZB
www.campanottoeditore.it
inga@campanottoeditore.191.it


SOMMARIO
STUDI
Natalia Ginzburg traduttrice di Proust, di Manuela Raccanello
René Char, Fureur et mystère, di Federico Montanari
Magrelli rilegge Baudelaire, di Gino Spadon
Le traduzioni di Nono in Italia (1880-2010) , di Benedetta Tignani
TRADUZIONI
René Daumal,traduzione di Luciano Zagabria
Henri Meschonnic, traduzione di Graziano Benelli
Danièle Faugeras, traduzione di Manuela Raccanello
LETTURE
Allegria dell'infelice , di Silvio Cumpeta
La casa diZira,di Graziano Benelli
Marina, di Serena Castro
RECENSIONI
Bruno Osimo, di Inga Conti
Émte Zola, di Benedetta Tignani
Mario Rosen, di Inga Conti

mardi 3 janvier 2012

L'obscur travaille en librairie le 12 janvier 2012

SORTIE EN LIBRAIRIE LE 12 JANVIER 2012
Collection Cahiers d'Arfuyen n°196, 98 pages, ISBN 978-2-845-90167-4
9,00 €

jeudi 3 novembre 2011

Le Rythme et la lumière à nouveau disponible en librairie

Le livre Le Rythme et la lumière à nouveau disponible : excellente nouvelle!
On peut voir le descriptif à cette page :
http://www.odilejacob.fr/0207/1425/Rythme-et-la-Lumière.html#1425

lundi 17 octobre 2011

Traduire Henri Meschonnic en anglais: une conférence de P-P Boulanger à Montréal

DATE
Jeudi 20 octobre 2011
11:45 à 13:00

PRIX
Entrée libre

CONTACT
Sylvie Vandaele
sylvie.vandaele@umontreal.ca

LIEU
C-9019, 9e étage
3150, rue Jean-Brillant
Montréal, QC Canada
H3T 1T3 

514 343-6111
Site Web | Itinéraire et carte
CATÉGORIES

GROUPES

RETROUVEZ ÉGALEMENT CET ÉVÉNEMENT SUR


Consulté 35 fois
Traduire Henri Meschonnic en anglais
Conférence de Pier-Pascale Boulanger, Université Concordia
Ceux et celles qui se sont prêtés à la lecture des essais d’Henri Meschonnic en auront sans doute tiré une leçon de persévérance. Et pour cause : les phrases fleuves, la parataxe, les enfilades de virgules et les pronoms aux référents ambigus font tous obstacle à une lecture fluide et facile. J’ai traduit vers l’anglais l’essai Éthique et politique du traduire que Meschonnic a publié en 2007 en me heurtant à la question de la lisibilité et au dilemme qu’elle soulève. Fallait-il traduire Meschonnic contre lui-même en un « anglais correct », c’est dire fluide, et produire un contresens épistémologique de 175 pages? Ou fallait-il rendre sa parole, aussi disruptive soit-elle, au risque d’agacer le lectorat cible et de mettre en péril la réception de la traduction? J’expliquerai la stratégie que j’ai employée en guise de solution à ce casse-tête dans ma traduction Ethics and Politics of Translating (John Benjamins Publishing Co., 2011). Mon exposé portera sur les habitudes de lecture, la fixation sur la fluidité en traduction et les considérations éthiques qui s’imposent lorsqu’on cherche à concilier l’activité du texte et l’activité du lecteur.
La vidéo sera diffusée après la conférence.
http://www.calendrier.umontreal.ca/?com=detail&eID=73862

jeudi 29 septembre 2011

Colloque international

Annonce d'un colloque international consacré à Henri Meschonnic:
http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/laslar/751