Henri Meschonnic (1932-2009) est l'auteur d'une oeuvre considérable où poèmes, essais et traductions font le continu d'une théorie du langage et du rythme et d'une pratique d'écriture et de lecture pleines de vie l'une par l'autre. Ce blog offre simplement des documents à tous ceux qui de près ou de loin aimeraient continuer avec Henri Meschonnic.

jeudi 3 novembre 2011

Le Rythme et la lumière à nouveau disponible en librairie

Le livre Le Rythme et la lumière à nouveau disponible : excellente nouvelle!
On peut voir le descriptif à cette page :
http://www.odilejacob.fr/0207/1425/Rythme-et-la-Lumière.html#1425

lundi 17 octobre 2011

Traduire Henri Meschonnic en anglais: une conférence de P-P Boulanger à Montréal

DATE
Jeudi 20 octobre 2011
11:45 à 13:00

PRIX
Entrée libre

CONTACT
Sylvie Vandaele
sylvie.vandaele@umontreal.ca

LIEU
C-9019, 9e étage
3150, rue Jean-Brillant
Montréal, QC Canada
H3T 1T3 

514 343-6111
Site Web | Itinéraire et carte
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RETROUVEZ ÉGALEMENT CET ÉVÉNEMENT SUR


Consulté 35 fois
Traduire Henri Meschonnic en anglais
Conférence de Pier-Pascale Boulanger, Université Concordia
Ceux et celles qui se sont prêtés à la lecture des essais d’Henri Meschonnic en auront sans doute tiré une leçon de persévérance. Et pour cause : les phrases fleuves, la parataxe, les enfilades de virgules et les pronoms aux référents ambigus font tous obstacle à une lecture fluide et facile. J’ai traduit vers l’anglais l’essai Éthique et politique du traduire que Meschonnic a publié en 2007 en me heurtant à la question de la lisibilité et au dilemme qu’elle soulève. Fallait-il traduire Meschonnic contre lui-même en un « anglais correct », c’est dire fluide, et produire un contresens épistémologique de 175 pages? Ou fallait-il rendre sa parole, aussi disruptive soit-elle, au risque d’agacer le lectorat cible et de mettre en péril la réception de la traduction? J’expliquerai la stratégie que j’ai employée en guise de solution à ce casse-tête dans ma traduction Ethics and Politics of Translating (John Benjamins Publishing Co., 2011). Mon exposé portera sur les habitudes de lecture, la fixation sur la fluidité en traduction et les considérations éthiques qui s’imposent lorsqu’on cherche à concilier l’activité du texte et l’activité du lecteur.
La vidéo sera diffusée après la conférence.
http://www.calendrier.umontreal.ca/?com=detail&eID=73862

jeudi 29 septembre 2011

dimanche 28 août 2011

8 septembre 2011


MédiathèqueAlliance
Baron Edmond de Rothschild
Centre Alliance Edmond J. Safra
6 bis, rue Michel-Ange – 75 016 Paris

Emmanuel Levinas et Henri Meschonnic : tout
semble les séparer, et pourtant tous deux parlent
de littérature, d’éthique et de Dieu. Ils se réfèrent
chacun à une tradition ininterrompue.
Emmanuel Levinas : la lecture de la Bible à travers
le Talmud ; et Henri Meschonnic : la lecture de
la Bible avec les te’amim. La Bible est leur source
d’inspiration. Tous deux parlent et écrivent
comme Juifs.
Ils renouent avec la tradition ininterrompue du prophétisme, par-delà la
coupure entre la foi et le savoir, dans l’écoute des prophètes des temps
bibliques et des penseurs prophètes du Moyen Âge. Écoute qui fait signe
vers notre futur. Dans la vision des voix, qu’appelle, sous notre main, la
lecture toujours recommencée et renouvelée du texte de la Bible.

La médiathèque vous invite
le jeudi 8 septembre à 20h30
à la présentation du livre de Monique-Lise Cohen
Emmanuel Levinas et Henri Meschonnic
Résonances prophétiques
éditions Orizons, 2 011
Monique Lise Cohen, docteur ès lettres, a fait des études de philosophie
à Toulouse. Elle est poète et auteur de plusieurs ouvrages sur des thèmes
littéraires, philosophiques, religieux et historiques.


Débat animé par Isy Morgensztern

dimanche 10 juillet 2011

Le poème, prophétie du langage



Dans son numéro d'été (juillet-septembre 2011), la revue Mouvement publie un inédit d'Henri Meschonnic (p. 132-133) : "Et le chant est qui chante" (je corrige la coquille du chapeau de l'article) qui est une prise de parole prononcée à l'académie expérimentale du théâtre en décembre 2001 à l'invitation de Michelle Kokosowski à l'IMEC et dont la retranscription de son début a été assurée par Marianne Dautrey - cela donne envie de connaître l'ensemble. 
HM commence par l'expérience qui le situe là où on lui a demandé de parler à propos de théâtre : " nous sommes traversés par les choses de la voix. Je crois que je suis un homme du poème". Alors il précise sa situation au plus près, au plus juste avec la traduction de la Bible et plus précisément du Chant des chants et de son premier chapitre (traduit par lui il y a plus de trente ans) "rendu à sa poétique du divin". Je retiendrais plus que ce qu'il souligne, la rencontre de ce "chant est qui chante" avec la formule forte de Mallarmé, "le poème, énonciateur", je retiendrais cette "fin de l'extrait": "raconte-moi - toi que mon âme - a aimé" (les blancs ne sont malheureusement pas reproduit dans la retranscription de la revue). Cette prosodie du racontage pleine de dialogisme amoureux qui emmêle les corps, les corps-langage. Toute la force chez Meschonnic, du poème à l'essai, de la conférence à la traduction, de ce corps-langage-relation. Oui alors: le poème fait la prophétie du langage, de la vie. La vie d'un phrasé qui continue : un phrasé-relation.
J'aime la photographie de Pascale Butel-Skrzyszowski: le sourire du regard, double relationnel, qui s'accompagne du geste - repli intérieur - ouvrant la voix à sa plus grande résonance intérieure - cette voix de plus en plus grave qui accompagnait les lectures d'Henri - comme à sa plus grande force: atteindre un presque silence qui serait un maximum de relation de vie.

mardi 31 mai 2011

Ethique et politique du traduire en anglais


What if meaning were the last thing that mattered in language? In this essay, Henri Meschonnic explains what it means to translate the sense of language and how to do it. In a radical stand against a hermeneutical approach based on the dualistic view of the linguistic sign and against its separation into a meaningful signified and a meaningless signifier, Henri Meschonnic argues for a poetics of translating. Because texts generate meaning through their power of expression, to translate ethically involves listening to the various rhythms that characterize them: prosodic, consonantal or vocalic patterns, syntactical structures, sentence length and punctuation, among other discursive means. However, as the book illustrates, such an endeavour goes against the grain and, more precisely, against a 2500-year-old tradition in the case of biblical translation. The inability of translators to give ear to rhythm in language results from a culturally transmitted deafness. Henri Meschonnic decries the generalized unwillingness to remedy this cultural condition and discusses the political implications for the subject of discourse.


Ethics and Politics of Translating
Henri Meschonnic
Translated and edited by Pier-Pascale Boulanger
John Benjamins Publishing Company, Translation Library 91
expected June 2011

TABLE OF CONTENTS
Preface by Alexis Nouss
Introduction by Pier-Pascale Boulanger
Translation of Henri Meschonnic’s essay Ethics and Politics of Translating
CHAPTER I. An ethics of translating
CHAPTER II. A code of conduct will not suffice
CHAPTER III. Urgently needed: An ethics of language, an ethics of translating
CHAPTER IV. What is at stake in translating is the need to transform the whole theory of language
CHAPTER V. The sense of language, not the meaning of words
CHAPTER VI. Translating: Writing or unwriting
CHAPTER VII. Faithful, unfaithful, just more of the same, I thank thee O sign
CHAPTER VIII. Sourcerer, targeteer, the same thing
CHAPTER IX. Religious texts in translation, God or Allah
CHAPTER X. Why I am retranslating the Bible
CHAPTER XI. Rhythm-translating, voicing, staging
CHAPTER XII. Embiblicizing the voice
CHAPTER XIII. Restoring the poems inherent within the psalms
CHAPTER XIV. Why a Bible blow to philosophy
CHAPTER XV. Grammar, East of Eden
CHAPTER XVI. The Europe of translating
References
Glossary
Index of subjects
Index of names

lundi 23 mai 2011

« Un chemin sort de mes pieds » pour chœur, piano et percussions, de Henri Meschonnic (auteur) et Manuel Coley (compositeur)

UN CHEMIN SORT DE MES PIEDS
[SA]



UN CHEMIN SORT DE MES PIEDS
Cliquer pour agrandir

Fichier midi non disponible

Compositeur : Manuel COLEY
Auteur du texte : Henri MESCHONNIC (1932-2009)
Réference ACJ : ACJ 53 0042
Langue : français
Instruments : piano, percussions
Nombre de pages : 36
Date de publication : 2009

Cette suite chorale mêle le parlé, le chanté, accompagné au piano ou avec des percussions (crotales, marimba, xylophone, carillon, boomhawkers) dans une écriture à 1 ou 2 voix. La tessiture est très adaptée aux voix d’enfants et l’écriture très poétique permet de familiariser les jeunes chanteurs aux diverses formes d’expression contemporaine.
Manuel COLEY se définit comme “artisan- musicien”, il est chef de chœur diplômé d’état et compositeur. Chargé de cours de direction de chœurs à l’université puis au CFMI de Poitiers et dans diverses grandes structures de formation professionnelle, il recentre son activité artistique et pédagogique autour du projet “Voie d’enfance”, à l’Abbaye aux Dames de Saintes. Ce projet est dédié au développement des pratiques vocales collectives des enfants, à l’expérimentation pédagogique et à la création de répertoire pour choeur d’enfants ainsi qu’à la recherche de nouvelles formes de prestations, notamment avec le choeur ICILABA.

Manuel COLEY définit ainsi sa démarche de compositeur et son approche de l’œuvre poétique d’ Henri MESCHONNIC : “Le génie de la poésie d’Henri MESCHONNIC consiste à traiter les questions les plus essentielles de la vie de l’homme au sein des formes poétiques les plus courtes, en utilisant le langage le plus courant (sans titre, ni majuscule, ni ponctuation) et à s’adresser aussi bien aux enfants qu’aux adultes, aux plus intuitifs comme aux plus “lettrés”. Cette poésie est toute entière l’éloge du simple.
Ma musique, minimaliste, à l’image des poèmes, est inspirée de diverses réminiscences de voyages, de l’Inde à l’Afrique en passant par l’Europe du Nord et de l’Est, “là où m’a conduit sans cesse ce chemin sortant de mes pieds.
Les poèmes cités sont tirés de trois ouvrages : “et la terre coule”, “puisque je suis ce buisson”, et “tout entier visage”, publiés aux éditions Arfuyen. Je les ai mis ensemble pour dire, par la musique et la voix des enfants, que ce chemin, profondément unique, intime et personnel est aussi mystérieusement le même pour tous."



Manuel Coley, chef de choeur, compositeur

Artisan-musicien, chercheur autodidacte.
Il a été chargé de cours de chant choral et de direction de chœur à la faculté de musicologie de Poitiers de 1996 à 2002, au Centre de Formation des Musiciens Intervenants (CFMI) de Poitiers et au Centre d'Etudes Supérieures de Musique et Danse (CESMD) de 1999 à 2003 ainsi que dans diverses structures de formation professionnelle (IFAS Martinique, mission voix Ile de la Réunion...).
Il a travaillé au développement des pratiques chorales adultes amateurs en tant que conseiller technique et intervenant (Association Musique et Danse en Poitou-Charentes, "A Cœur Joie Poitou-Charentes", Association pour le Développement de la Musique et de la Danse en deux sèvres) et que chef de choeur et directeur artistique (Chœur de Chambre des Deux-Sèvres, ensemble vocal mixte Modus Novus, chœur féminin Amadis, Chœur de l'Université de Poitiers).
Après plusieurs voyages en Europe du Nord et après être devenu père de famille, il consacre toute son activité artistique et pédagogique au projet« Voie d'enfance » à l'Abbaye aux Dames de Saintes : projet dédié au développement des pratiques vocales collectives des enfants, à l'expérimentation pédagogique et à la création de répertoire pour chœur d'enfants ainsi qu'à la recherche de nouvelles formes de prestations.

Parallèlement, il développe depuis 2000 une activité de compositeur pour différents types de choeurs, a capella ou accompagnés, par le biais de commandes de diverses structures de développement culturel de la région Poitou Charentes, de la Région Centre, ou des Pays de Loire. Ce travail est édité ou en cours d'édition principalement aux éditions Auguste ZURFLUH au sein desquelles il est directeur de la collection de chant choral « Chanter Ensemble ».

A Reims:
Dans la série « Musiques en médiathèques », le dernier rendez-vous des concerts du Conservatoire à rayonnement régional de Reims avec la classe de percussion des professeurs Lecrocq et Fessard et le chœur de 1er et 2e cycle d'Hélène Le Roy sera donné vendredi 27 mai à 18 h 30 à la médiathèque Croix-Rouge.
Au programme, « Un chemin sort de mes pieds » pour chœur, piano et percussions, de Henri Meschonnic (auteur) et Manuel Coley (compositeur).
Pour ce dernier, cette musique peut être définie comme « minimaliste, à l'image des poèmes, (...) inspirée de diverses réminiscences de voyages, de l'Inde à l'Afrique en passant par l'Europe du Nord et de l'Est , là où m'a conduit sans cesse ce chemin sortant de mes pieds ».
Pour les élèves du Conservatoire, c'est l'occasion de mettre leur pratique musicale à l'épreuve du feu, de se préparer pour le jour « J » et de se confronter à un public.
Renseignements au 03.26.86.77.04. Entrée libre. Médiathèque Croix-Rouge, 19 rue Jean-Louis-Debar (03.26.35.68.51.). Tramway : ligne A, station Médiathèque.
http://www.lunion.presse.fr/article/culture-et-loisirs/dernier-concert-du-conservatoire

Rappel:

Mercredi 21 octobre à Toulouse à 15h30

Cliquez pour agrandir l'imageDans la cour Henri IV, sous les arcades. Dans le cadre de la semaine bleue.
"Un chemin sort de mes pieds" de Manuel Coley

Vendredi 20 et Samedi 21 novembre 2009 au Théâtre Jules Julien à Toulouse à 20h30

Cliquez pour agrandir l'image" Rien que des mensonges, ou presque " et " Un chemin sort de mes pieds "
Textes : Henri MESCHONNIC
Compositeur : Manuel COLEY
Mise en scène : Michèle GARY
Chorégraphie : Alain ABADIE
http://theatre.jules.julien.free.fr/programme.html

dimanche 8 mai 2011

Les livres de Meschonnic publiés chez Laurence Teper à nouveau disponibles

Les éditions Laurence Teper ayant cessé leurs activités, on a pu regretter l'indisponibilité des ouvrages de Henri Meschonnic publiés chez cet éditeur. Malgré la disparition regrettable de cet excellent éditeur - on aimait tout son catalogue, on pourra dorénavant retrouver les trois livres de Meschonnic suivants aux éditions Corlevour (Réginald Gaillard): Dans le bois de la langue ; Heidegger ou le national-essentialisme ; Le Nom de notre ignorance. La Dame d'Auxerre.
On peut les commander à cette adresse :
http://www.corlevour.fr/spip.php/ecrire/IMG/cache-108x150/spip.php?article648

Je me permets de rappeler une note de lecture publiée dans la revue Europe, n° 948, avril 2008, p. 373-375 (fac-similé à cette adresse: http://martin-ritman-biblio.blogspot.com/2010/02/henri-meschonnic-heidegger-ou-le.html) dont le texte est ci-dessous :

Henri Meschonnic, Heidegger ou le national-essentialisme, Éditions Laurence Teper, 200 p., 14 €

Henri Meschonnic ne peut écrire autrement que comme il écrit et cela peut déplaire ! C’est que s’il écrivait comme écrivent beaucoup aujourd’hui il ne pourrait penser ce qui plombe la pensée et l’écriture de bien des penseurs mais aussi écrivains, poètes aujourd’hui depuis déjà longtemps. Car le ciel et la terre de la pensée sont plombés par Heidegger qu’on ne sait pas lire puisque les heideggériens en France empêche même de le lire – mais Meschonnic montre qu’il n’y a pas qu’en France. Et le lire, c’est tout simplement observer que Heidegger maximalise, pousse à leur maximum une série d’essentialismes qui tiennent l’un par l’autre dans la logique du réalisme – d’où certainement la beauté de cette puissance qui soit méduse et oblige au psittacisme formulaire soit insupporte et conduit à l’anathème sans considérer ce qui est en jeu. Car ce qui est en jeu pour Meschonnic, c’est de comprendre les effets éthiques et politiques d’un débat qui n’est pas à renvoyer au Moyen Age ou à réserver aux spécialistes de la logique philosophique mais bien de faire de ces deux notions, réalisme et nominalisme, « un critère pour s’y retrouver » (p. 11). Pourquoi ? parce que « la réalité profonde des débats est entre le sens des individus, des vivants, et la massification qui ne permet pas de penser le sujet. Rejeté au psychologisme » (p. 16). Et quant au réalisme logique, Heidegger s’y connaît puisqu’il « a une phobie du sujet, d’où chez lui une essentialisation généralisée » (p. 17). Aussi, de ce point de vue, Heidegger n’est pas à réserver aux philosophes mais sa « mondialisation, qui inclut et déborde la France » est certainement « facilitée par toutes les autres mondialisations, en particulier celle des techniques de communication, qui tendent à globaliser, à massifier. À faire qu’on ne pense pas le langage, réduit à la communication » (p. 19). Hypothèse cruciale pour lire ce livre et aller jusqu’à sa lecture-traduction du texte Le Danger, de 1949 où Heidegger accomplit « l’essentialisation maximale » et « la vraie solution finale » non achevée par les nazis.

Ce livre est beaucoup moins épais que Le Langage Heidegger (PUF, 1990) qui, à ma connaissance, était la première tentative de lecture au plus près des textes, de Heidegger, et reste à ce jour la seule malgré le silence assourdissant des philosophes officiels. Aussi Meschonnic ne reprend-il ici que cette conférence de 1949 connu seulement en 1994 qu’il lit au plus près. De ce point de vue, le livre d’Emmanuel Faye (Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie, Albin Michel, 2005) malgré tout son intérêt est-il « insuffisant » (p. 147) car ce n’est pas par « simple inhumanité, que Heidegger n’a même plus besoin de nommer les Juifs. Ils sont inclus en même temps qu’ils disparaissent dans et par son national-essentialisme » (p. 150), propose Meschonnic. Plus précisément, « par l’essentialisation généralisée de l’Être et de la Mort ». Et il suffit de lire Heidegger sans « fabriquer du compliqué là où Heidegger est simple » (p. 157) comme fait le « jargon heideggérianisant » qui « masque l’essentialisme » et donc la désuhumanisation qu’il opère. Jargon du collectif de « philosophes » qui veulent penser Heidegger à plus forte raison (Fayard, 2007) mais qui « sont tellement dans l’essentialisme qu’ils ne le voient plus » (p. 165).

Ce livre de Meschonnic soulève la chape de plomb des années Heidegger en France mais également combat le réalisme logique qui empêche de penser, de penser le langage parce que sans cette attention qui est une éthique de la pensée, c’est toujours le vieux réalisme logique qui triomphe, c’est-à-dire, « l’ennemi de la vie, des vivants » (p. 173). Cet ouvrage poursuit donc une enquête sur le réalisme logique avec Heidegger en intégriste (p. 148), en « grand scolastique » (p. 133). Mais l’enquête est d’abord « un combat du nominalisme des vivants contre le théologico-politique » (p. 30) partout où il crève les yeux. Dans cette enquête, il y a le test de ce qu’on fait à la Bible (une origine ou un fonctionnement ?) et celui du religieux qui l’emporte sur le divin ou pas, faisant place ou pas à « une vie humaine » (Spinoza) contre le théologico-politique (p. 85), organisant ou pas une substantialisation qui conduit à poser l’universel comme un modèle abstrait quand « seul le singulier chaque fois est l’universel » (p. 81). Alors on peut en vouloir à Meschonnic de ses « minuties » (p. 124) mais on est bien obligé de relire de plus près ceux qu’ils passent au crible du « vieux débat » d’une actualité vitale, chapitre après chapitre : Levinas, Jaspers, Husserl, Gadamer, Leo Strauss, Hannah Arendt, Agamben mais aussi Jean-Claude Milner et enfin Alain Badiou ou encore Marlène Zarader et il y a aussi Voltaire. Cette enquête est large, trop ambitieuse diront certains, mais elle montre un ensemble qui fait système et pointe comment cette configuration de pensée n’est pas l’addition de spécialités régionales ou de propositions locales mais bien autant d’éléments qui participent à « l’impensé des effets éthiques, politiques et poétiques du réalisme logique » (p. 114), et qui contribuent tous pour une part à l’« effacement de l’effacement opéré par la théologie chrétienne, et l’intégrisme essentialiste du langage chez Heidegger » (p. 138). Si l’enquête parvient à montrer ce fonctionnement qui fait système, imposant le réalisme en effaçant sa pensée même et par là celle du nominalisme, c’est qu’elle passe par le rappel inlassable du primat de la théorie du langage qui elle-même oblige à la critique du signe, à la critique de ce qu’on ne voit même plus et surtout de ce qu’on n’entend plus. C’est bien pour cela que Meschonnic ne peut écrire autrement que comme il écrit et que cela passe pour inacceptable. Mais la pensée et le poème de la pensée demandent plus que des pours et des contres ; ils demandent de « penser l’interaction langage-poème-art-éthique-politique » (p. 9). Ce que poursuit un autre ouvrage de Meschonnic, Ethique et politique du traduire (Verdier, 190 p., 15€). Il y a dans ce livre un climat qui répond à ce que disait Etienne Dolet en 1540 : « sans grande observation des nombre un grand Autheur n’est rien » (cité p. 114) puisque, en 16 points, il reprend « chaque fois sous un angle différent » (p. 99, note 1) ce principe de l’interaction contre tous les essentialismes et les théologismes. Lesquels empêchent de transformer toute la théorie du langage dans et par l’activité de « traduire », dans et par « une éthique et une politique du traduire » qui engagent à « avoir du poème dans la voix » (p. 151). Et avec de tels livres, on est fixés : si « personne n’a tout à fait la même voix » (ibid.), celle de Meschonnic n’est pas faite de « bois mort », de « bois extrêmement habitué », pour reprendre à Péguy (cité p. 151). Et alors on constate que les « habitués » ne peuvent supporter cette voix : on devrait en rire ne serait-ce que pour rappeler que « ce qui est dit n’est pas séparable du mouvement avec lequel c’est dit, comme ce que vous donnez n’est pas séparable de la manière dont vous le donnez, et alors on n’est plus dans le discontinu de la forme et du sens, on est dans le continu d’une physique du langage. C’est le poème de la pensée » (p. 154). Par là, ces deux livres font bien un poème de la pensée-relation.

Serge Martin


On pourra lire celle concernant Dans le bois de la langue à cette adresse: http://martin-ritman-biblio.blogspot.com/2010/01/henri-meschonnic-dans-le-bois-de-la.html

vendredi 6 mai 2011

Des poèmes chantés sur une musique de Raphaël Terreau

On peut commander le CD avec ce document:
http://lamarelle.eu/images/articles/Bulletin_de_Commande_A4_14.pdf

Quelques poèmes accompagné musicalement par

Raphaël TERREAU

Fondateur de La Marelle, chef de chœur, compositeur, musicien intervenant, et directeur d’une école de musique, Raphaël Terreau est titulaire du DUMI et d’une Maîtrise de Musicologie (Langage Musical et Musique de la Langue). En parallèle, il pratique le chant diphonique, l’écriture poétique et la sculpture. Il est par ailleurs animateur BAFA (spécialité : Arts du Cirque et Spectacle de Rue), et poursuit une formation d’Intervenant Spécialisé en Art-thérapie.

lundi 11 avril 2011

Le temps, c'est nous, ensemble (un inédit de Henri Meschonnic)

Un très beau projet autour du "temps" conduit par Jean-Pierre Otte chez André Versaille éditeur :
avec une merveilleuse surprise, un texte de Henri Meschonnic, "Le temps, c'est nous, ensemble", qu'on peut lire ici (un grand merci à P. Païni) :

samedi 9 avril 2011

ta résonance: Pour Henri Meschonnic: entre tes lignes

ta résonance: Pour Henri Meschonnic: entre tes lignes: "Serge Bénard sur son blog 'Filière Livres' nous le rappelle: il y a deux ans, le 8 avril 2009, Henri Meschonnic nous laissait sa vie:http:/..."

Une traduction en espagnol par Samuel Espinosa

Un très beau geste que cette traduction en espagnol par Samuel Espinosa (dans la revue numérique de Circulo Poesia) après que Henri Meschonnic nous a laissé sa vie il y a deux ans le 8 avril 2009.
http://circulodepoesia.com/nueva/2011/04/poemas-de-henri-meschonnic/

mardi 5 avril 2011

Michel Volkovitch et Henri Meschonnic : questions de rythme

On peut lire à cette adresse une juste critique des remarques de Michel Volkovitch sur un passage du Traité du rythme ; remarques qu'on entend régulièrement et qui montrent au grand jour dans les plus petits faits la difficulté de faire entendre le moindre petit rythme dans le régime du signe étant entendu que le rythme n'en continue pas moins d'agir dans sa pluralité même - et les remarques de Volkovitch en seraient une preuve supplémentaire :
http://www.ipernity.com/blog/h.egolithe/317152
On lira avec intérêt du chroniqueur "egolithe" la petite série sur le même Volkovitch traducteur (et si on a le temps, tout son blog) :

samedi 2 avril 2011

Les Livres de Philosophie: Emmanuel Levinas et Henri Meschonnic : résonances ...


Les Livres de Philosophie: Emmanuel Levinas et Henri Meschonnic : résonances ...: "Monique Lise Cohen Mars 2011 – Horizons – 21 € “Emmanuel Lévinas et Henri Meschonnic : tout semble les séparer, et pourtant tous deux parle..."

vendredi 1 avril 2011

André Minvielle parle de Henri Meschonnic

Extrait d'un article du Monde autour d'André Minvielle:
"Comme ceux qui ont quitté l'école pour faire une spécialité de micro-mécanique de précision à Orthez, André Minvielle apprend, lit, dévore, sait par coeur, cite Nietzsche et Jean-Luc Nancy, n'hésite pas à sampler un cours de Deleuze sous ses onomatopées, respecte beaucoup mais ne craint personne. Entend-il un jour une phrase du philosophe Jacques Derrida qui le heurte ? Ni une ni deux, Minvielle s'en va questionner le linguiste Henri Meschonnic. L'audace des simples. Sa différence ? La gaieté. Il termine toutes ses phrases d'un rire très marrant."

vendredi 18 février 2011

Critique de Célébration de la poésie sur Fabula

VALEUR DE LA POÉSIE

Caroline Andriot-Saillant
Henri Meschonnic, Célébration de la poésie, Lagrasse, éditions Verdier, septembre 2001, 266 p., isbn 2-86432-341-9. 19,10 Euros(125,28 F).

Henri Meschonnic, de son propre aveu, écrit pour " respirer dans l'irrespirable " (p. 256), entendez dans le monde inhabitable de la poésie contemporaine : cette dernière formule aurait pu être la sienne, dans ce livre du refus et de l'accusation, notamment à l'encontre du discours heideggérien sur l'habitation poétique du monde. Il s'agit donc d'un livre polémique, malgré les déclarations de l'auteur en introduction : la position de H. Meschonnic dans la théorie et la pratique de la poésie des vingt dernières années est affirmée avec une force péremptoire, à coup de formules parfois efficaces, souvent agaçantes. Et l'entreprise vise à dénoncer les fausses représentations et les " faux poèmes ", sans argumenter pleinement ses propres postulats. En outre, la progression de l'ouvrage n'est pas très claire, puisque trois chapitres sur quatre (" Un poème pour transformer la pensée ", " Situations de la poésie contemporaine " et " Permanence et transformations des impostures de la poésie : Roger Caillois aujourd'hui ") reprennent des interventions à des colloques datant de 1998 et 1999, où sont abordées des questions similaires. Dans le dernier chapitre, " Le veau dort ", la démonstration se fait plus pédagogique : l'auteur se livre au jeu de l'explication de texte en faisant figurer des exemples de poèmes qui, selon lui, n'en sont pas. D'autre part, il aborde des questions " extrêmement " contemporaines, comme la résurgence théorique des notions du lyrisme et du sublime.


Il ne s'agit pourtant pas d'éluder les questions que pose H. Meschonnic à la pensée du poème, surtout lorsqu'il estime celle-ci " nécessaire au langage et à la société " (p. 256), et que ces interrogations, il faut bien l'admettre, dévoilent certains présupposés intenables des représentations les plus largement partagées. Tout commence avec la définition des mots " poésie " et " poème ". H. Meschonnic relève dans les dictionnaires deux sources de confusion : d'abord " l'impensé d'une distinction entre la valeur et la définition " (p. 20), entre la poésie comme qualité absolue et le produit ; ensuite, " la présupposition banale du signe comme séparation d'une forme et d'un contenu ". Cette dernière apparaît dans les fausses définitions de la poésie comme forme, comme genre, ou à l'inverse dans la notion de " poésie pure " chez Valéry, qui sépare l'affect et le concept. H. Meschonnic tranche en choisissant d'accorder une place centrale à la notion de valeur : " Penser le poème, c'est penser la valeur. " (p.33). Et il définit la valeur comme la capacité à continuer d'agir dans le présent de toute situation historique. C'est cette activité qu'il nomme la poésie, et que tout poème réinvente.


Une telle définition a des répercussions massives sur les conditions d'écriture d'une histoire de la poésie. On peut même se demander si elle est encore possible, quand tout poème véritable recrée la poésie, et quand l'histoire de chaque poème, qui ne cesse d'agir, ne cesse de s'écrire ? D'où le paradoxe assumé par H. Meschonnic : on n'est jamais mieux placé que dans le présent pour en faire l'état des lieux poétique. En effet, la modernité se définit selon lui comme " la faculté de rester actif sur le présent " (p. 84). La nécessité de la distance critique, de la mise en perspective, n'a plus de sens. Les notions même de " contemporain " et de " courant " " tendent au cliché " (p. 95). Le corollaire de cette vision de l'histoire consiste sans doute chez H. Meschonnic à dater impitoyablement les représentations de la poésie qu'il rejette. Le mot " vieillerie " est le plus méchant sous sa plume. Une pensée ancienne qui veut se faire passer pour neuve commet un péché capital. Mais la modernité d'Aristote contre ces " vieilles nouveautés " est aussi son argument favori. Il faut que la pensée, comme la poésie, soit " un perpétuel commencement " (p.101). Il emprunte la formule à Bernard Noël. La modernité est le contraire du passager, et donc du contemporain. La proposition " La modernité ne s'oppose pas au passé : la modernité est un universel " (p.171) constitue la pierre d'achoppement d'une histoire de la poésie moderne. Henri Meschonnic rejette les notions sur lesquelles Hugo Friedrich (Structures de la poésie moderne, trad. fr. de 1999, Le Livre de poche) s'appuie pour l'écrire : la rupture, l'obscurité, la distanciation, la transgression des académismes.


La deuxième source de confusion dans les définitions courantes et les pratiques de la poésie réside dans la prégnance du schéma du signe. Selon H.Meschonnic, " l'art commence là où le signe finit " (p. 235). L'entreprise même d'une sémiotique poétique, théorisée par A..-J. Greimas en 1982 dans Essais de sémiotique poétique (Librairie Larousse, Paris) est présentée comme vaine au nom de " l'impensé du langage qu'est le continu " (p.156). Il affirme que le langage poétique ne se distingue pas du langage courant au vu des outils de la sémiotique tels que A..-J. Greimas les définit, à savoir les corrélations et les écarts entre " le plan de l'expression et le plan du contenu " (A..-J., Greimas, p. 7). Hanté par la séparation du signifiant et du signifié, sans voir que la sémiotique travaille justement sur la productivité de leurs relations, H. Meschonnic en fait une fatalité pesant sur la pensée contemporaine de la poésie : il y aurait d'un côté les faux poètes et théoriciens de la forme et de l'autre, ceux du sens. Et l'auteur, qui s'insurge contre la tendance dualiste de la pensée contemporaine, n'hésite pas lui-même à opposer le camp du " ludique ", incarné par Jacques Roubaud et celui de l'essentialisation heideggérienne, représenté par Yves Bonnefoy. H. Meschonnic avance une série d'arguments contre la poésie à contraintes, centrée sur la définition formaliste de la poésie qui la sous-tendrait. Et cette définition, hyper-traditionnaliste, excluerait " l'aventure du sujet " (p.119) " qui a toujours fait la nécessité de la poésie ". H. Meschonnic préfère à la contrainte extérieure " la contrainte intérieure " : la distinction est peut-être illusoire, et il faudrait définir la deuxième.


Quant à l'héritage de Heidegger, H.Meschonnic le décèle dans les métaphores de René Char sur l'activité poétique comme dans l'herméneutique de Derrida, en passant par la poésie référentielle de Francis Ponge. Les principaux tenants de cette " idéologie " sont, du côté des poètes, Michel Deguy, Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy, et du côté des critiques, Michel Collot (La Poésie moderne et la structure d'horizon, PUF, 1989), Jean-Claude Pinson, (Habiter en poète, Essai sur la poésie contemporaine, Champ Vallon, 1995), Christian Prigent (À quoi bon des poètes ? P.O.L., 1996), et Jacques Derrida (" Comment nommer ", dans le Cahier Michel Deguy, Le poète que je cherche à être, le Table ronde / Belin, 1996). Henri Meschonnic vise l'ensemble des concepts repris aux analyses d'Heidegger dans Approche de Hölderlin notamment (Gallimard, 1962) : c'est " l'essence de la poésie ", qui est déterminée comme " fondation de l'être par la parole " (Heidegger, p. 52), au sens d'une " libre donation " (p. 53) par le " dire du poète ", qui consiste dans " la nomination des dieux et de l'essence des choses " (p. 54). Alors l'homme peut " habiter poétiquement cette terre " (Hölderlin), ce que Heidegger glose ainsi : " se tenir en la présence des dieux et être atteint par la proximité essentielle des choses ". (p. 54). Or les dieux, ou l'être, advenant comme " voilement-dévoilement ", le nom lui-même doit être " voilant-dévoilant " (Heidegger, p. 249), c'est-à-dire obscur et sacré. Pour H.Meschonnic, ces métaphores spatiales et visuelles, que complètent celles du visible/invisible et celle de la structure d'horizon, sont inefficaces pour penser la poésie : " Non au voir pris pour entendre " (p. 253), écrit H. Meschonnic dans le chapitre qui sert de conclusion au livre : " Manifeste pour un parti du rythme ". " C'est l'écoute, c'est l'oralité comme forme-sujet qui font le poème. Pas la vision. Pas le visible. " (p. 67). Mais les deux dimensions ne peuvent-elles apparaître conjointement dans le poème ? Ensuite, poursuit H. Meschonnic, l'activité visuelle induit l'activité descriptive du " nommer ", platitude du poème. Ce n'est pas le " nommer " qui fait le poème mais le " suggérer ", emprunté à Mallarmé. Car le " nommer " cache une vieille illusion réaliste du langage, " tout le sacré du continu entre les mots et les choses " (p. 67), que H. Meschonnic reconnaît aussi dans la " fable originiste " de la poésie présente dans le discours d'Yves Bonnefoy. Il oublie de dire que la poésie de ce dernier se donne pour tâche incessante d'interroger l'absence des choses dans les mots. Et qu'on peut donc y entendre " l'acte de l'ineffable " qui constitue selon lui l'activité spécifiquement poétique du " suggérer " de Mallarmé.


Mais H. Meschonnic voit ailleurs que dans la " poéthique ", c'est-à-dire la poésie comprise, ou anéantie par Heidegger, la véritable éthique du poème. Il affirme que " le sacré […] est une annihilation du langage, une annihilation du sujet (et de l'éthique), une annihilation de la poésie " (p.109). La question du sujet est récurrente dans l'ouvrage. L'erreur des représentations de la poésie incriminées tient à leur attachement aux sujets psychologique ou philosophique. H. Meschonnic postule un sujet spécifique du poème dont la définition reste vague, et qui renvoie au " poème, énonciateur " de Mallarmé. C'est lui qui nous constitue tous comme sujets : " Pas de sujet sans sujet du poème ". Il faudrait interroger ce pouvoir, tout comme la distinction que H. Meschonnic fonde sur lui, entre le récit et le poème : le premier resterait dans la nomination, et donc l'acceptation-célébration de ce qui est. Il ne formerait pas une " subjectivation maximale du discours " (p. 248). Le second " ne célèbre pas, il transforme " (p. 249). Il transforme notre rapport au monde, et donc la vie elle-même, par la grâce du rythme qui est "LA forme-sujet" (p. 248), ou le mouvement de tout dont nous pouvons participer. C'est à cette fonction à la fois très simple et très générale qu'aboutit la réflexion de H.Meschonnic sur la poésie. Et il peut paraître étonnant qu'avec une vision si exigeante de la poésie, H. Meschonnic n'ait pas trouvé à respirer dans les blancs d'André Du Bouchet lorsqu'il cite des extraits de L'ajour (Gallimard, 1998) : là où il ne voit que le " vide " asphyxiant (p.197) de ce qui est dit, nous sentons le souffle du poète.


Caroline Andriot-Saillant
Doctorante à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris-IV)

http://www.fabula.org/revue/cr/161.php

Le Manifeste pour un parti du rythme en anglais: deux traductions

Une traduction en anglais par David Nowell-Smith (Université Paris VII) sur le site Thinking Verse (2010 avec une courte introduction sur l'oeuvre de Meschonnic) :
Une traduction en anglais américain par Robin Tremblay-McGaw de San Francisco (juillet 2010):
http://xpoetics.blogspot.com/2010/08/rhythm-party-manifesto-by-henri.html
On trouve le texte de Meschonnic en ligne chez l'ami Patrick Rebollar :
Il a été publié par la revue Résonance générale dans son numéro 1 qu'on peut commander à cette adresse : http://craac.free.fr/cahierPP.html
Henri Meschonnic l'a placé à la fin de Célébration de la poésie (Verdier, 2001 puis poche, 2006).

mercredi 16 février 2011

Manifesto a favor del ritmo (fragmentos)

Quelques fragments du Manifeste pour un parti du rythme traduits dans la revue Confines El extremo Sur (Argentine) n° 29 de juillet 2010, par Gerardo Burton, qu'on peut lire à cette adresse:
http://confinesdigital.com/conf29/henri-meschonnic-manifiesto-a-favor-del-ritmo.html

jeudi 20 janvier 2011

L'obscur travaille : quelques poèmes manuscrits publiés


L'association Himeros fête ses vingt ans d'activité à La Rochelle. Gérard Laniez qui l'anime y avait invité en 2003 Henri Meschonnic et comme à son habitude il avait réalisé un très bel ouvrage Avec Henri Meschonnic, les gestes dans la voix chez l'éditeur Rumeur des âges. Ce livre qui vient avec d'autres publications fêter les 20 ans de l'association donne quinze poèmes manuscrits inédits d'Henri Meschonnic. On attend bien évidemment leur publication prévue aux éditions Arfuyen sous le titre L'obscur travaille. On peut bien évidemment commander en attendant ce très bel ouvrage des éditions Himeros au 16, rue Debussy 17000 La Rochelle (himeros@wanadoo.fr)

Pour le bonheur de découvrir, je recopie un de ces poèmes d'Henri Meschonnic - c'est celui qui donne le titre à l'ensemble :

l'obscur
travaille ma lumière
des formes que je ne comprends pas
me traversent
et je me mets à lire des lettres que je ne comprends pas
alors je commence
à voir clair